Il y a de cela quelque temps, une lauréate du Concours Général s'est effondrée à l'entrée de sa nouvelle école. Son Bac en poche, elle ne pouvait plus.
La pression ? Trop lourde. La chute ? Vertigineuse.
Je vous pose cette question : Qu'est-ce qu'on a vraiment appris à cet enfant ?
Ce que le concours fait à l'enfant qui gagne : il construit une identité fragile, celle du "premier". Et lorsqu'il n'est plus premier ? Il ne sait plus qui il est. La valeur se mesure à la note, jamais à l'être.
Ce que le concours fait aux autres : il leur apprend, très tôt, qu'ils sont "moins". Moins bons, moins brillants, moins dignes d'attention. Et ce message-là, on ne l'oublie pas facilement.
Derrière tout ceci, il y a aussi... des parents.
Des parents qui aiment leurs enfants, sincèrement. Mais qui parfois ont besoin, eux aussi, d'exister. D'être reconnus. Et la médaille de l'enfant devient alors, sans qu'on s'en rende compte, leur propre trophée social.
Ce n'est pas un jugement, loin de là. C'est juste un reflet de ce qu'est ce contexte dans lequel nous primons certains et pas d'autres.
Je ne critique pas la reconnaissance des efforts fournis. Cependant, nous devons nous poser ces questions :
L'enseignement est-il un concours ?
La transmission du savoir a-t-elle besoin d'un classement pour avoir du sens ?
Quelles valeurs inculque-t-on quand on dit à un enfant : "Tu vaux ton classement" ?
La curiosité, la coopération, la créativité, la résilience, l'empathie — aucune de ces qualités n'entre dans une grille de notation.
Je ne dis surtout pas que c'est inutile. Je dis juste : interrogeons-nous, posons-nous les bonnes questions.
Peut-on garder l'excellence sans la violence de la comparaison ?
Peut-on célébrer le progrès de chaque enfant plutôt que la domination du premier ?
Qu'avez-vous retenu de vos années de palmarès et de classements ?
Que sont devenus les premiers dans vos classes ? Y a-t-il eu parmi eux des derniers qui ont réussi ?
Partagez vos réflexions. Ce débat mérite d'être posé.




